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13 sept.
2012
Vieillissement et prévention : utilité et futilité ?
1ère partie : "Rattrapage vaccinal à la retraite : une occasion à ne pas manquer ?"
14h30 à 17h00 - Amphithéâtre de l’UOG – Place des Grottes 3, Genève
Entrée libre
 
Séance animée par le Dr. Pierre-Olivier Lang, Spécialiste FMH en médecine interne générale, Université de Genève



En septembre, lors des deux Jeudis de la FAAG, un certain nombre de questions seront discutées autour de la limite de la prévention en matière de vaccination et de dépistage du cancer : y a-t-il un âge limite à la vaccination et au dépistage ? Faut-il impérativement se faire vacciner ou effectuer un dépistage ? Et lesquels ? Quels en sont les enjeux pour l’individu ? Pour le collectif social, et en termes de solidarité entre les générations ?


Séance animée par

Dr. Pierre-Olivier Lang, Spécialiste FMH en médecine interne générale, Université de Genève

Exposé introductif suivi d’échanges en atelier(s) et d’une synthèse

La prévention en matière de santé est un ensemble de mesures à prendre pour éviter qu’une épidémie ou une maladie ne survienne. Elle se traduit autant par une attitude individuelle que collective face à la maladie, et se décline en trois niveaux : prévention primaire (éviter la maladie), prévention secondaire (dépister ou diminuer les suites d’une affection avérée), prévention tertiaire (empêcher les complications ou rechutes). L’impact majeur de la vaccination sur la bonne santé des enfants et des adultes, y compris les plus âgés, ainsi que le suivi vaccinal régulier ont fait leurs preuves sur la réduction des maladies infectieuses. Enjeu de société et de prévention, la vaccination donnera l’occasion, lors de ce Jeudi de la FAAG, d’interroger une fois encore son propre rapport au corps vieillissant, de réfléchir aux liens entre les générations, non seulement pour ce qui est du coût de la santé, mais aussi pour la problématique de la transmission de la maladie entre trois, voire quatre générations.


« Il n’y a rien de nouveau, si ce n’est ce qui a été oublié »
Marie Antoinette (1755-1793)

En Suisse, comme dans le reste de l’Europe, les maladies infectieuses sont la troisième cause de mortalité (les cancers sont la première). Cette mortalité concerne avant tout les adultes âgés (à l’exception du SIDA). Or, il ne s’agit pas là d'une fatalité ou d’un phénomène « normal » lié au vieillissement.
La régression des maladies infectieuses est due avant tout à la prévention, et notamment aux vaccinations et à l’amélioration de l’hygiène. La prévention en matière de santé est un ensemble de mesures à prendre pour éviter qu'une épidémie ou une maladie ne survienne. Elle est donc aussi une attitude individuelle et collective à avoir face à la maladie.
L’organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit trois niveaux de prévention :
  • la prévention primaire, visant à éviter la maladie chez le patient n'ayant jamais été malade ;
  • la prévention secondaire, destinée à diminuer les suites et la gravité de l'affection chez une personne ayant déclaré la maladie, ou visant à dépister plus tôt la maladie dans les populations présentant un risque important de la développer ;
  • la prévention tertiaire, enfin, qui cherche à empêcher les complications ou les rechutes.
Les vaccinations contre les maladies infectieuses ont démontré leur exceptionnelle efficacité en conduisant à l’éradication de nombreuses et fréquentes maladies endémiques, causes de morbidité et mortalité. Un exemple : l’éradication de la variole a prévenu 300 millions de cas et certainement sauvé 100 millions de vies. En Suisse, comme dans tous les pays développés, il est maintenant possible de comparer systématiquement les taux de certaines infections avant et après l’introduction de programmes vaccinaux obligatoires. De telles analyses démontrent les fantastiques effets de la vaccination sur de nombreuses maladies infectieuses: réduction de 100 % pour la poliomyélite, réduction de plus de 90 % pour la diphtérie, le tétanos, les oreillons et la coqueluche. Si ces dernières affections sévissaient principalement chez les non-vaccinés, elles se manifestent maintenant à un âge plus avancé de la vie avec des formes inhabituelles de la maladie et des manifestations plus sévères :
  • une épidémie de diphtérie est survenue dans les années 90 dans les pays de l’Europe de l’Est nouvellement indépendants, et a tué plus de 3000 personnes.
  • de façon très surprenante, le tétanos est toujours et bien malheureusement une maladie active en Suisse et en Europe. Cette maladie n’affecte plus les nouveau-nés et nourrissons, mais les adultes de 65 ans ou plus qui ont échappé au suivi vaccinal.
  • aux USA le nombre de cas de coqueluche a augmenté de 400 % chez les adolescents et les adultes. Après 75 ans, elle conduit dans 80 % des cas à une hospitalisation et expliquerait plus de 20 % des toux chroniques.
De façon similaire, 100’000 à 300’000 personnes ont la grippe chaque hiver en Suisse, occasionnant de 1000 à 5000 hospitalisations et 400 à 1000 décès, dont 90% ont plus de 60 ans. La vaccination antigrippe est la seule arme de prévention efficace. Bien que proposée gratuitement, annuellement à toutes les personnes de 65 ans ou plus, les taux de vaccinations sont encore bien trop faible comparativement aux recommandations de l’OMS. Des exemples similaires pourraient être multipliés à souhait. Ils attestent tous de l’impact majeur de la vaccination sur la bonne santé des enfants et des adultes, y compris les plus âgés ainsi que de l’importance d’un suivi vaccinal régulier sur la réduction des maladies infectieuses contagieuses et ce même après la retraite.

Dr. P.-O. Lang